Tant que la science ne sera pas en mesure de se passer entièrement d’animaux, que ce soit pour la recherche ou la production médicale, la question du sort des animaux impliqués continuera de se poser. Pour des raisons éthiques, le GRAAL soutient le développement d’alternatives à l’expérimentation animale. Parallèlement et dans l’immédiat, l’association se préoccupe du devenir des animaux qui servent quotidiennement la science.


Depuis plus de 10 ans, la démarche menée par le GRAAL est motivée par la volonté d’offrir aux animaux arrivés en fin de protocole une alternative éthique à l’euthanasie.

Objectifs

L’association GRAAL a conçu et mis en œuvre en 2005 une mission de service public: l’organisation au plan national de la retraite des animaux de laboratoire, toutes espèces confondues.Cette démarche, novatrice et légale, est motivée par la volonté d’offrir aux animaux arrivés en fin de protocole une alternative éthique à l’euthanasie.

L’association GRAAL s’inscrit comme facilitateur, en apportant des solutions concrètes de placement aux laboratoires volontaires. Grâce aux efforts conjugués du GRAAL, des laboratoires publics et privés, des établissements d’élevage, des écoles vétérinaires, des Directions Départementales pour la Protection des Populations (DDPP), du Ministère de l’Agriculture, des instituts professionnels (GIRCOR, AFSTAL, SIMV), des lieux d’accueil (plus de 100 refuges partenaires) et des adoptants, ce sont plus de 3 000 animaux qui ont été officiellement retraités des laboratoires depuis le début de l’action en 2005.

Parmi eux, 1.500 chiens et chats, 110 chevaux, 70 primates (macaques, ouistitis), des dizaines d’oiseaux, de poissons, de rongeurs, de NAC et d’animaux de ferme savourent aujourd’hui, auprès de particuliers ou de parcs animaliers une seconde vie après le laboratoire.

Utilisation des animaux en laboratoire

Les animaux placés par le GRAAL ont été utilisés dans l’une des catégories suivantes :

  • En médecine vétérinaire (par exemple des contrôles d’innocuité de lots de vaccins pour chiens ou chats, tests d'appétence, tests de vermifuges)
  • En médecine humaine (par exemple des chevaux sont impliqués dans des protocoles de production de sérums antirabiques, antitétaniques, antivenimeux destinés à l’Homme)
  • En recherche fondamentale (tests de nouvelles molécules)
  • N’ont pas été utilisés et ont été réformés avant leur entrée en laboratoire

Médecine vétérinaire

Tests de vaccins, vermifuges, appétence et médicaments

Médecine humaine

Production de médicaments pour l’Homme

Recherche fondamentale

Tests de nouvelles molécules etrecherches pré-cliniques

Non utilisés ou témoins

Animaux réformés, reproducteurs ou témoins

Ainsi, quelle que soit l’espèce, les animaux issus de protocoles dont la gravité est évaluée à légère ou modérée, les animaux témoins ou surnuméraires peuvent être candidats à un placement. Les animaux reproducteurs et les animaux d’élevage réformés avant leur entrée en laboratoire sont également concernés.

Animaux concernés

Les candidats à une retraite hors des laboratoires peuvent être, selon les cas, des animaux témoins (ou surnuméraires), des animaux ayant participé à des protocoles expérimentaux n’ayant pas causé de dommages irréversibles, des animaux intégrés à des protocoles interrompus ou encore des animaux provenant d’élevages spécialisés et ne répondant pas aux critères des unités de recherche. Ayant servi la médecine vétérinaire, la médecine humaine ou encore la recherche fondamentale, le point commun des futurs retraités est de présenter une intégrité physique et comportementale, attestée par les vétérinaires des établissements qui délivrent un certificat vétérinaire de bonne santé, véritable sésame pour leur sortie de laboratoire.

Le placement ou la mise en liberté d’animaux utilisés ou destinés à être utilisés dans des procédures expérimentales, dans un habitat approprié adapté à l’espèce, peuvent être autorisés par le préfet du département du lieu de ce placement ou de cette mise en liberté, sous réserve que :

  • l’état de santé de l’animal, certifié par un vétérinaire, le permette ;
  • il n’existe aucun danger pour la santé publique, la santé animale et l’environnement ;
  • des mesures appropriées aient été prises pour préserver son bien-être.

Les animaux les plus souvent concernés sont les animaux de compagnie (chiens, chats, furets, lapins, rongeurs, poissons, oiseaux),les équidés, les animaux de ferme (cochons, moutons, chèvres, canards, volailles) et les primates(macaques, ouistitis).

Le bien-être des animaux au cœur de l’action

  • Offrir une retraite dans l’intérêt du bien-être de l’animal grâce à des lieux d’accueil de qualité
  • S’assurer que les animaux sont bien préparés au sein des unités de recherche pour leurs nouvelles vies
  • Assurer le suivi des animaux retraités et leur adaptation

Le GRAAL s’est entouré d’un réseau d’éthologues, professionnels du comportement animal, et bénéficie de l’expertise des membres de l’ Association Ethosph’Ret travaille avec le Bureau d’étude AKONGO pour accompagner les laboratoires à toutes les étapes, de la sélection des lieux d’accueil au suivi post-réhabilitation en termes d’adaptation et de bien-être. Les animaux réhabilités sont en effet confrontés à un changement de vie et d’environnement, qu’ils traversent d’autant plus facilement qu’ils ont fait l’objet d’une habituation en amont.

Tous les animaux réhabilités reçoivent un certificat vétérinaire de bonne santé et répondent aux critères suivants :

  • Ne pas être porteur de maladie transmissible aux hommes ou à leurs congénères
  • Ne pas présenter de risque pour l'environnement
  • Être socialisé et avoir un comportement compatible avec une adoption

Une démarche coopérative

Le placement des animaux est autorisé par la loi mais n’est pas obligatoire. Ainsi, toute réhabilitation est fondée sur le volontariat des chercheurs. Depuis 2005, le GRAAL n’a cessé de nouer des contacts avec les unités de recherche et les éleveurs d’animaux destinés aux laboratoires afin d’offrir, légalement et en toute transparence, une retraite civile aux animaux dont l’état de santé et le comportement le permettent.

Il n’y a pas de saisies : ce sont les laboratoires qui effectuent les démarches de réhabilitation de façon volontaire, et ils participent toujours aux coûts. Toutes les sorties d’animaux se font donc en toute transparence et en toute légalité. Sur la base d’un contrat de cession mis en place avec l’unité de recherche, le GRAAL accompagne le laboratoire dans ses démarches administratives et sanitaires nécessaire à tout placement d’animaux.

Plusieurs équipes de recherche avaient d’ailleurs déjà offert une retraite à des animaux sains en fin de protocole expérimental en alternative à l’euthanasie. Ces actions étaient menées de manière isolée et grâce aux convictions personnelles des chercheurs.Le GRAAL est convaincu que la réhabilitation doit faire partie intégrante de la démarche scientifique au même titre que le bien-être des animaux utilisés en expérimentation comme le précise clairement laDirective européenne 2010/63 et le décret 2013-118 du 1er février 2013.

Placement et devenir des animaux

Le GRAAL n’étant pas un refuge, il ne peut donc accueillir directement des animaux. L’association travaille en partenariat avec différents lieux d’accueil sélectionnés par le GRAAL qui assurent des conditions d’hébergement adaptées aux besoins des animaux : refuges de type SPA pour les chats et les chiens, centres équestres et particuliers dont les connaissances et les installations ont au préalable été contrôlées pour les chevaux, parcs animaliers ou structures associatives spécialisées pour les primates, oiseaux, poissons, animaux de ferme, etc.

Refuges partenaires

Le GRAAL n’étant pas une structure d’accueil, une sélection rigoureuse des lieux d’accueil partenaires est effectuée afin d’assurer des conditions d’hébergement adaptées aux besoins des animaux. Aujourd’hui, ce sont plus de 100 refuges (SPA, fermes pédagogiques, refuges spécialisés NACs ou animaux de ferme, parcs animaliers, parcs zoologiques) qui accueillent régulièrement des animaux de laboratoire suite à un partenariat avec le GRAAL.

Retrouvez les animaux actuellement disponibles à l’adoption sur la page « Refuges partenaires »

Suivi des animaux

Afinde s’assurer du bien-être des animaux et d’encourager cette démarche volontaire de la part des laboratoires, des nouvelles des animaux adoptés sont régulièrement demandés aux lieux d’accueil et adoptants. Ces nouvelles sont également transmises auprès des équipes de recherche.

Retours auprès des laboratoires

  • Nouvelles des animaux
  • Délais d’adoptions
  • Témoignages des refuges et adoptants
  • Difficultés éventuelles
  • Conseils pour les prochaines sorties

Retours auprès desrefuges et adoptants

  • Accompagnement dans la démarche
  • Information des adoptants
  • Bien-être des animaux
  • Adaptation et résilience des animaux
  • Création de guides pour les adoptants
  • Témoignages&échanges

Accompagner les laboratoires et les adoptants

Le GRAALa publié 3 guides dédiés au placement et à l’adoption d’animaux issus de laboratoires, à l’usage des professionnels et du grand public. A travers la publication de ces guides inédits, relayés par le Ministère de l’Agriculture auprès des professionnels, et le soutien de son partenaire Lilo.org sur Internet, le GRAAL espère sensibiliser le plus grand nombre au devenir des animaux de laboratoire.

Guide à l’usage des professionnels

Guides à l’usage du grand public
Adoptants chiens et chats

La retraite des animaux de laboratoire - Vers un 4ème R

L’utilisation des animaux à des fins scientifiques est encadrée en France, et la règle des 3R (Russel &Burch, 1959) consiste à Réduire le nombre d'animaux utilisés, Raffiner la méthodologie appliquée aux animaux pour minimiser ou soulager l'inconfort, la douleur, la détresse ou l'angoisse subie et enfin Remplacer le modèle animal dans la mesure du possible. Réhabiliter les animaux, c’est-à-dire leur offrir une Retraite, s’inscrit dans la continuité des 3R, et devient ainsi le 4ème R à mettre en œuvre dans les laboratoires.

Ils ont la parole

Marie-Françoise LHEUREUX,présidente fondatrice du GRAAL : « Les années de partenariat qui viennent de s’écouler nous ont permis de confirmer la pertinence et l’efficacité de la collaboration entre le GRAAL, le GIRCOR (groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche) et les unités de recherche. Cette action, qui permet d’éviter l’euthanasie à tout animal sain pouvant sortir des protocoles expérimentaux, est un puissant vecteur de dialogue entre la Recherche et la société civile. Elle constitue également une source de mieux-être au travail pour le personnel des unités de recherche. Le GRAAL est persuadé de la nécessité de poursuivre cette mission de service public à laquelle il affecte une part importante de ses moyens financiers et humains. »

Ivan BALANSARD, président du GIRCOR (groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche) : « La collaboration entre le GRAAL et le GIRCOR a rendu possible le placement de nombreux animaux de laboratoire dans des structures d’accueil adaptées, une fois les phases d’étude terminées. Cette possibilité de mise à la retraite, souhaitée par les équipes de recherche, demande une expertise et des contacts dont la plupart des établissements de recherche ne disposent pas. Le GRAAL a bien voulu apporter son temps, ses connaissances et ses compétences à cette action. Grâce à lui, et avec l’aide du GIRCOR, la mise à la retraite ou placement des animaux de recherche qui hier était encore une exception, est devenue une pratique courante. »

Amélie ROMAIN, responsable de la retraite des animaux de laboratoire au GRAAL : « Le GRAAL permet d’apporter des solutions concrètes aux animaux de laboratoire. En plus de contribuer directement au bien-être des animaux, ces placements sont une opportunité unique d’informer le grand public. Offrir une deuxième vie à ces animaux, qui ont déjà tant donné à l’Homme, est de notre responsabilité commune. L’implication des équipes de recherche et les témoignages d’adoptants reçus chaque jour nous confortent en ce sens. »